TEST Koira : Un excellent petit conte

Développé par le tout jeune studio belge Tolima, Koira se présente comme un petit vent de fraîcheur en ce début de printemps. L’occasion de découvrir une petite histoire touchante entre un personnage féérique et son meilleur ami, coincé en haut d’une montagne. Rappelant d’autres productions de la sphère vidéoludique indé comme Neva ou encore Don’t Starve, Koira saura-t-il exprimer sa différence et trouver sa voix ? Prenez une bonne respiration, il est temps de partir pour une douce mélodie.

Test réalisé sur PC à l’aide d’une copie envoyée par l’éditeur

Ton ami, c’est moi

Avant de parler un peu plus de l’histoire de Koira, qui pourrait entièrement tenir sur un post-it, cette dernière étant principalement une idée, nous aimerions revenir sur le studio de développement qui se trouve derrière ce titre. Petit studio belge fondé en 2022, le studio Tolima est avant tout le petit rêve d’enfance de Ben Lega et de Reginald Nowe qui, en 2020, ont décidé de concentrer leur passion du jeu vidéo vers un titre émotionnel et poétique : Koira. De là, une petite équipe se forme, aidée de l’éditeur DON’T NOD, pour travailler sur ce beau petit projet. Au total, une dizaine de développeurs rejoindront l’aventure dans cette petite parenthèse poétique dessinée entièrement à la main. Ainsi est né Koira, une aventure nous mettant dans la peau d’une petite créature se réveillant seule au cœur d’une forêt enneigée.

Prise de panique et de peur à cause des ombres et des bêtes peuplant la forêt, nous tombons nez à nez avec un petit chien sans défense pris au dépourvu dans un piège à lapin. Le libérant de ses liens, et après s’être présenté tout en l’amadouant avec de la nourriture, nous lierons rapidement une forte amitié qui nous ramènera alors chez nous, dans notre petite maison au pied de la montagne. Mais le chemin pour y arriver sera semé d’embûches et de drôles de rencontres, le tout teinté d’étranges stèles nous procurant le pouvoir de protéger les êtres qui nous sont chers. 

Petite balade en forêt !

Avec une durée de vie comprise entre trois et quatre heures de jeu, pour peu que vous preniez le temps de profiter des moments de calme que propose le titre, mais aussi que vous tentiez de compléter l’ensemble des trophées. L’histoire de Koira reste simple, voire enfantine dans sa manière d’amener les différentes péripéties que vivront nos protagonistes. Toutefois, cette légèreté d’écriture touchera quiconque mettra les mains sur ce jeu, tant les interactions avec votre compagnon de route vous rappelleront sans doute de beaux souvenirs. Souhaitant toucher à un grand nombre de joueurs, Koira ne dispose d’aucune parole. Le titre se contente, à la manière d’un Journey, d’employer le langage universel de la musique pour l’ensemble de ses personnages.

Animaux ou champignons, chacun aura sa propre mélodie représentée par une note de musique reprenant la forme du chanteur. Ces notes berceront ainsi toute l’aventure, et nous permettront de communiquer avec les autres créatures de la forêt tout en résolvant les quelques petites énigmes des stèles. Stèles qui prendront l’apparence de créatures féériques, endormies, que nous devons réveiller par la musique des lieux. Malheureusement, tout n’est pas tout rose, et de terribles chasseurs seront dans les parages et nous mettrons des bâtons dans les roues.

Le terrible chasseur n’est pas seul…

Côté prise en main, Koira se contente du strict minimum avec l’utilisation de seulement deux touches. Une pour attraper des objets et les lancer, ou alors caresser notre ami, et l’autre pour l’appeler et réaliser un son. Impossible donc de courir ou d’effectuer quelconque saut. Les mouvements un peu plus complexes se réaliseront d’eux-mêmes, comme le fait de se cacher dans un buisson pour éviter les regards des chasseurs. Étant automatique, ce dernier sera légèrement frustrant si vous avez le malheur de ne pas être dans la hitbox d’une cachette. Il faudra donc être précis dans ses mouvements, même si le titre reste très permissif lorsque nous sommes repérés, en nous offrant la possibilité de recommencer légèrement avant le passage d’infiltration. En réduisant ainsi le gameplay au minimum, nous nous concentrons davantage sur l’histoire poétique que nous offre le titre. Ne vous attendez toutefois pas à lâcher une petite larme en fin de jeu. Koira saura vous toucher de par une esthétique léchée et une sincérité de développement. 

Une belle palette d’émotions

Dessiné entièrement à la main, Koira nous offre de beaux paysages teintés de noir, de blanc et de rouge. Se déroulant entièrement en montagne, et qui plus est enneigée, nous regrettons qu’il n’y ait pas énormément de changements de décor plus drastiques. Ce qui nous pousse à apprécier davantage les phases qui dénotent, comme le temps d’une petite plongée sous-marine ou d’une petite virée en télésiège à côtoyer les nuages. Malgré cette petite absence, chacune des interactions que propose le titre avec l’environnement nous marquera par une belle sincérité. Le temps d’apprécier un moment de calme assis sur un banc, à déplacer des feuilles tombantes pour les déposer à l’endroit indiqué. Ou encore à parcourir un lac gelé, tiré par un cerf-volant à pleine vitesse et devant esquiver des rochers. Koira sera alors bourré de petits instants de paix, le tout accompagné d’une bande sonore entièrement jouée avec des notes de piano, que les créatures peuplant la forêt reprendront en chœur le temps d’un instant.

Petit instant de poésie.

Développé avec le moteur de jeu Godot, permettant à de nombreux studios et développeurs indépendants de mettre en place leur titre rapidement et simplement, Koira ne prendra aucune place sur votre machine. Comptez un petit peu moins de 1 Go, ce qui nous amènerait à nous demander si le titre n’aurait pas pu trouver sa place sur nos téléphones portables et d’autres plateformes. En dehors de son développement efficace, sans bugs, et d’une histoire touchante par la relation avec le chien. Koira nous laissera tout de même sur notre fin de par sa courte histoire. Nous aurions aimé continuer à parcourir les plaines enneigées accompagnés de notre ami, avoir un peu plus d’énigmes à résoudre ou encore pouvoir interagir avec davantage de créatures de la forêt. Mais étant le premier jeu d’un studio nouvellement fondé, avec une patte artistique bien à elle rappelant des artistes comme Ken Wong de Monument Valley ou encore Anatoly Fomenko pour les brushs employés, Koira signe ainsi une profonde envie de suivre l’évolution du studio Tolima aussi bien sur le plan esthétique que scénaristique. Car, malgré sa durée de vie assez courte, Koira aura su nous proposer une belle aventure que nous n’oublierons pas de sitôt.

Verdict 

Koira est le type de jeu que l’on se procure par curiosité suite à un visuel et un scénario intrigants. Portés par notre curiosité, le titre du Studio Tolima nous offre alors une belle histoire de trois à quatre heures, accompagnée de touches musicales envoûtantes et de moments de complicité virtuelle avec un ami fidèle. Accessible de par ses contrôles se limitant au strict minimum, on regrettera seulement sa faible durée de vie, mais aussi son manque d’environnements changeant drastiquement avec les autres. Malgré ce petit manquement, le titre reste une excellente première production pour un studio récemment fondé. Nous avons déjà hâte de connaître leur future production, tant Koira nous aura marqué le temps d’une après-midi avec ses envoûtantes mélodies. Disponible au prix de 17,99 € sur PC et PS5, avec une remise de lancement de 10 %, Koira offre ainsi un beau moment aux joueurs qui lui laisseront sa chance. Une belle petite pépite à ne pas manquer.

85/100
Score total iIl s'agit d'une appréciation générale du jeu de la part du testeur et non d'une note à proprement parler.

Les +

  • Entièrement dessiné à la main
  • Une histoire touchante
  • Facile à prendre en main
  • Le prix

Les -

  • Toujours les mêmes décors
  • Un peu court (on en voudrait plus)
  • Une hitbox parfois frustrante
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