TEST | Just Cause 3 sur PS4

Les développeurs suédois d’Avalanche Studios ont fait une sacrée route depuis le premier Just Cause sorti en 2006 et le second quatre ans plus tard. C’est à eux que nous devons d’ailleurs le plutôt bon Mad Max sorti il y a seulement quelques mois. Mais c’est bien la suite des aventures de Rico Rodriguez dont il est aujourd’hui question pour le plus grand bonheur des fans de chaos et d’action vitaminée. Just Cause 2 a clairement fait franchir un cap qualitatif à la licence malgré la persistance de nombreux défauts qu’on espère aujourd’hui envolés.

Test du jeu dans sa version 1.01.

Vacances en Méditerranée

Apparemment Rico aime les destinations ensoleillées et plus particulièrement les îles paradisiaques. Après avoir montré tout son talent du côté de San Esperito dans les Caraïbes, puis du côté des îles de Panao en Asie, notre James Bond au nom hispanique a pris son billet pour l’archipel tout aussi fictif de Medici en Méditerranée. Toujours fidèle à l’Agence, que l’on peut aisément comparer à la CIA, il retourne cette fois-ci sur les terres qui l’ont vu naître pour affronter le dictateur et général Di Ravello. Des personnages hauts en couleur et plutôt drôles gravitent autour de notre héros :  son ami d’enfance Mario qui fait le lien avec les rebelles, la technicienne Dima qui fait office d’agent Q pour tout ce qui est technique, ou encore Sheldon, le lien avec ses employeurs.

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Les habitués de la franchise l’auront donc compris, Avalanche Studios garde le pitch des précédents opus puisqu’à défaut d’être des vacances, cette escapade a une fois encore pour but de renverser le régime en place, sans vraiment se soucier de la manière… forte évidemment. Une recette qui ne propose donc rien de nouveau dans le fond mais surtout un scénario plutôt brouillon entre les diverses missions principales qui sont au nombre de 25 mais qui manquent de liant entre elles et dont on ne comprend pas toujours le rapport avec l’histoire. Un point qui n’a d’ailleurs jamais été le fort de la série puisque l’accent est clairement mis sur l’action plutôt que sur une réelle histoire intéressante. Ces diverses missions sont tout de même très variées et Rico est ainsi envoyé aux 4 coins de la map de 1000 km² composée de 3 îles principales. Ces dernières, surtout montagneuses, offrent des décors de rêve avec lacs, champs de lavande ou plages et sont découpées en 29 provinces à sécuriser. Pour y arriver, les missions varient suivant qu’il s’agisse d’un village, d’une ville, d’un avant poste, d’une base militaire ennemie… Dans le cas d’une ville par exemple, il faudra s’attaquer au poste de police, détruire les tours diffusant la propagande ou encore les portraits et statues du dictateur. Dans le cas d’une base militaire, ces places lourdement défendues devront tout simplement être réduites en cendres et ça tombe bien, c’est ce que notre héros fait le mieux grâce à son grappin et son arsenal digne de Rambo. L’ensemble de ces zones se chiffre tout de même à 130 points à libérer.

A chaque sécurisation de l’une de ces zones, vous débloquez le déplacement rapide vers cette dernière mais surtout plusieurs défis utiles pour le développement de votre personnage. Ces défis -112 exactement- sont pour la plupart des courses contre la montre (en voiture, bateau, hélicoptère…) ou épreuves d’agilité ou de destruction vous récompensant d’un certain nombre de “mécanismes”, qui eux même offrent la possibilité de débloquer de nouvelles compétences dans le domaine de ce défi. A titre d’exemple, réaliser le meilleur temps d’une course de voiture pourra vous débloquer la capacité “Nitro” ou “Super Saut” pour ces véhicules. Pour chacun de ces défis, il est possible de comparer vos résultats et votre classement avec ceux de vos amis.

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Mets moi le grappin dessus

Un Just Cause sans grappin serait comme un Assassin’s Creed sans lames : impensable. Le principal accessoire (à tout faire) de Rico est de retour tout comme son parachute déployable et pliable à la demande. Un troisième fait en revanche pour la première fois son apparition : le wingsuit, que l’on a désormais un peu plus l’habitude de voir dans les jeux open-world. Combinés, ces trois là vous feront vite passer l’envie d’utiliser le déplacement rapide, même pour parcourir de grandes distances. Car si les habitués des opus précédents voient tout de suite où nous voulons en venir, une petite explication s’impose pour les autres. Dans Just Cause, le grappin peut être lancé sur n’importe quel élément du décors (véhicules et bâtiments y compris) à une centaine de mètres de distance et vous tracte immédiatement. En le relâchant, votre personnage fait un bon de quelques mètres de haut et vous pouvez alors utiliser le parachute ou wingsuit instantanément. Ainsi, même le plus plat des pays devient un improbable terrain de jeu. Tout ceci demande tout de même un peu de pratique pour réussir la combinaison sans toucher le sol.

Les possibilités offertes par ce grappin ne s’arrêtent pas à se balader de toits en toits à la Peter Parker, puisque c’est aussi une véritable arme à part entière. S’il est possible d’atteindre simplement vos ennemis avec, il est bien plus fun de les viser puis de les envoyer s’accrocher à un véhicule qui passe par là. Cette fonction permet aussi par exemple d’envoyer des barils de pétrole sur des véhicules ou constructions ennemies à détruire. C’est enfin un très bon moyen de prendre le contrôle d’un char ou d’un hélicoptère en se faisant propulser vers son pilote avant de prendre sa place aux commandes. Les possibilités sont nombreuses et vous feront presque oublier que vous disposez d’un arsenal conséquent de mitrailleuses, roquettes et grenades.

JC III

Just Cause 3 comme ses prédécesseurs est un GTA-Like, mais il y a de nombreuses différences avec la série phare de Rockstar Games. Si les 5 étoiles du niveau de recherche ont par exemple la même fonction dans les deux titres, Rico aura beaucoup plus de facilité à s’en défaire du fait de sa quasi-invincibilité de vie. Notre homme résistera par exemple sans broncher, ou presque, à un accident de wingsuit à toute vitesse ou encore l’explosion d’un énorme réservoir. Dans ce second cas, il sera expulsé à plusieurs mètres comme un pantin, mais toujours en vie. Difficile d’en faire une généralité cependant puisqu’à d’autres moment, notre héros semblera un peu plus fragile. On est donc bien loin d’un quelconque réalisme, mais cela contribue grandement au fun que procure le jeu.

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Nous avons cité plusieurs fois l’arsenal conséquent, dont les articles se débloquent au fur et à mesure de votre progression de façon pas toujours très claire. Pas d’armurerie ici puisqu’il n’y a aucune notion d’argent dans le jeu mais un service de livraison rapide proposé par les rebelles. Il vous suffit ainsi de choisir depuis le menu du jeu les armes et véhicules que vous souhaitez pour qu’ils vous soient livrés quelques secondes plus tard par un container venu du ciel (même un hélicoptère peut vous être livré !). Côté armes, Rico dispose de 4 emplacements (arme de point, mitrailleuse, arme lourde et explosifs à distance) en plus de grenades. Les places fortes ennemies disposent également toutes de petites armureries pour recharger ou varier les plaisirs en cours de tuerie.

Côté véhicules, un très très large panel d’engins est aussi disponible : voitures, motos, hélicoptères, bateaux… qui se déclinent en de très nombreux modèles : jet ski, bateau de pèche, scooter… Pour tous, le pilotage est très axé arcade un peu à la manière de GTA. Les hélicos sont par exemple bien plus maniables et ce n’est pas du tout déplaisant étant donné que l’on est plus souvent accroché au véhicule par le grappin que véritablement installé à ses commandes.

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L’absence de mini-map est également l’une des caractéristiques de la série mais que les novices se rassurent, bien qu’elle soit conséquente, l’objectif est la plupart du temps bien indiqué et les déplacements rapides grâce au grappin ou aux hélicos.

Cause toujours

Le chaos de Just Cause 3 a tout de même quelques aspects qui ne profitent pas au jeu puisque malheureusement, les plus grosses explosions avec réactions en chaîne font drastiquement chuter le framerate qui n’est pourtant qu’à 30 images par seconde. Pire encore, lorsque ces ralentissements surviennent lors de la simple conduite d’un véhicule. Graphiquement d’ailleurs, le jeu est plutôt beau si l’on ne s’attarde pas trop sur les textures et la réalisation des personnages notamment. Mention spéciale pour les paysages magnifiques et quelques effets bien sympathiques, comme les gouttelettes d’eau qui s’envolent lorsque vous passer au dessus de la mer en hélicoptère. Pour palier à certaines techniques, les développeurs ont tout de même installé un brouillard persistant lorsque vous regardez l’horizon. Globalement, on est tout de même en deçà de ce que les mêmes développeurs nous avaient proposé sur Mad Max, qui nous rappelle qu’un mode photo aurait été du plus bel effet sur ce Just Cause 3. Le terrain de jeu est bien plus rempli de PNJ que le jeu pré-cité évidemment, avec des décors partiellement destructibles, principalement lors des missions de démantèlement des bases ennemies. Ailleurs, il faudra se contenter de faire exploser les véhicules et les arbres puisque les bâtiments résisteront à des pluies d’obus.

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L’autre défaut assez flagrant se situe au niveau des temps de chargement qui sont assez importants lorsque vous avez le malheur de mourir ou même après une simple cut-scene de quelques secondes. Gageons que ce point puisse être amélioré avec un futur patch. D’autant que les vidéos présentes dans la trame principale sont bien souvent peu utiles et dotées d’un doublage plutôt moyen.

Le gros point fort du titre est évidemment sa durée de vie. Comptez entre 20 et 30h de jeu pour les missions principales en tout droit ou presque… puisqu’à un certain moment vous serez tout de même forcé de libérer quelques zones. Ajoutez à ça les 112 défis, 130 zones habitées à libérer, 47 véhicules à ramener et 227 objets divers à trouver en plus des 71 enregistrements pour le 100%. De quoi passer de très très longues heures devant sa console.

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Verdict : 8/10

Just Cause 3 suit la route tracée par son prédécesseur et conviendra parfaitement aux joueurs avides d’action pure, tant le jeu s’avère être un joli défouloir dénué de toute prise de tête. Néanmoins, ceux qui privilégient les histoires pleines de rebondissements risqueraient d’être déçus, d’autant plus s’ils sont friands de jeux à la difficulté importante et tatillons sur l’aspect technique. Il s’agit en définitive d’un opus fidèle à la série des Just Cause et qui tient clairement ses promesses !

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