TEST | Hitman GO: Definitive Edition sur PS4

Pourtant habitué à nous transporter dans des jeux d’action/infiltration en 3D, l’Agent 47 a surpris bon nombre de joueurs il y a deux ans suite à l’annonce du spin-off Hitman GO. Souffrant tout d’abord de critiques, pour son concept s’éloignant des codes de la franchise, le premier projet de Square Enix Montréal a finalement convaincu la majorité de la presse lors de sa sortie sur iOS et Android. Disponible par la suite sur les plateformes Windows, l’opus est arrivé la semaine dernière dans une « Definitive Edition » sur Steam et surtout PS4/PS Vita. Voici nos impressions.

UN PARI RISQUÉ MAIS MAÎTRISÉ

Loin des contrats en monde semi-ouvert, Hitman GO propose un concept bien différent de celui auquel les joueurs étaient habitués. Présenté comme un jeu de réflexion, le dernier opus de la série à ce jour (avant l’arrivée du reboot) frappe dès le départ avec une identité visuelle que nous pourrions assimiler aux jeux de société. Sans la prétention de défier graphiquement les dernières productions, ou du moins celles qui sortaient durant l’année de son lancement (2014), ce Hitman possède une direction artistique simple, concise et efficace. Mais avant tout, quel est son principe ?

Hitman GO est une suite de plateaux où le joueur incarne – comme toujours – l’Agent 47. Représenté sous la forme d’une figurine, l’assassin doit parvenir à accomplir son/ses objectif(s) sans se faire repérer. Ce dernier évolue dans des niveaux aux trajectoires fixes, nécessitant un minimum de réflexion car les parties évoluent au tour par tour. Ainsi, chaque mouvement de son pion en entraîne un chez l’ensemble des divers gardes. Il y a par exemple les bleus qui ne fixent qu’une seule et même direction en permanence, les jaunes qui font des allers-retours sur une ligne droite, les verts qui tournent sur place ou encore les chiens qui vous traquent. Autant de diversité qui oblige à calculer chaque geste, et s’adapter selon la situation, pour éviter de devoir recommencer à zéro. Fort heureusement, l’agent peut tourner la situation à son avantage. S’il est à une case près d’un quelconque patrouilleur, et hors de son champ de vision, l’homme peut éliminer un adversaire en empiétant sur sa case. Des objets peuvent aussi l’assister pour faire diversion (canettes, os) ou pour réaliser d’autres actions (passages secrets, déguisements, pistolets silencieux, sniper).

Se jouant au tour par tour, Hitman GO impose des mouvements réfléchis pour réussir

À la base, Hitman GO était un titre mobile et donc 100% tactile. C’est d’ailleurs pour cette raison que l’interface a été pensée pour être la plus épurée possible. En portant l’opus sur PS4, les équipes de développement ont du entièrement adapter les contrôles sur manette. Le résultat se montre tout aussi agréable que la version originale puisqu’au final, peu de commandes sont à retenir. Sur l’écran, les instructions se veulent claires : Triangle pour utiliser une astuce, Carré pour recommencer. Pour ce qui est des déplacements, il suffit d’utiliser au choix le stick analogique, la croix directionnelle ou le pavé tactile. Le concept s’assimile donc très vite, avec les premiers niveaux servant de tutoriel. Dans tous les cas, le joueur peut recourir aux solutions incluses en cas de blocage, sachant qu’aucune restriction de temps ou de vies ne gênera la partie. Tout le monde peut ainsi s’y essayer, faute d’avoir malheureusement une difficulté plus poussée. Le côté « die and retry » de certaines étapes pourrait ceci dit en frustrer plus d’un.

AROUND THE WORLD

Dépourvue de scénario, la création de Square Enix Montréal est en soi un enchaînement d’étapes comprenant un objectif primaire et deux secondaires, tous obtenables indépendamment. L’Agent 47 doit réussir en priorité à atteindre la case finale (ou assassiner une cible dans certains cas) pour pouvoir compléter un niveau. Mais il peut être aussi amené à récupérer une mallette, devoir éliminer tous les ennemis ou accomplir la mission en moins de X tours, par exemple. Une façon d’aborder de plusieurs manières le jeu, même si peu d’options s’offrent à vous compte tenu des trajectoires prédéfinies.

Comme nous le disions plus haut, le titre joue avant tout sur une direction artistique originale avec des éléments en bois ou plastique offrant une présentation soignée des différents environnements (aéroport, résidence, bord de mer…). Dans une ambiance sonore discrète, excepté le « Ave Maria » judicieusement choisi pour les contrats d’assassinat, l’opus adopte un côté zen et détendu. Les capacités de la PS4 permettent en plus de profiter d’une plus grande résolution, d’une fluidité optimale et de chargements quasi-instantanés agréables. Il s’agit d’ailleurs de la majorité des rares nouveautés, avec la maniabilité, de cette « Definitive Edition », si ce n’est la suppression de toute micro-transaction et un platine pour les amateurs de challenges. Dommage du coup de constater que le prix conseillé (7,99€) soit légèrement plus élevé que sur mobile (4,99€).

Les environnements sont tous différents les uns des autres. De même, plusieurs objectifs s’offrent à vous

Au total, Hitman GO comprend 5 boites de 15 plateaux inédits + 2 boites de 8 plateaux reprenant des scènes cultes d’Hitman 2: Silent Assassin et Hitman: Blood Money. Un contenu assez honnête vu le format de la production. L’aspect mobile n’échappe par pour autant à cette édition, la progression en niveaux étant plus adaptée à des petites sessions de jeu sur téléphone ou console portable plutôt que sur une télévision.

VERDICT : 7/10

Près de deux ans après sa sortie initiale sur iOS et Android, Hitman GO conserve l’efficacité et l’innovation dont il a tiré son succès lors de son lancement. Loin des autres AAA de la franchise, la production de Square Enix Montréal réussit brillamment à offrir une vision différente des aventures de l’Agent 47 avec un jeu de réflexion bien pensé. Simple et épuré grâce à une direction artistique inspirée des jeux de société, l’opus offre avec cette « Definitive Edition » un meilleur aspect technique, des contrôles adaptés à la manette, un trophée platine et la suppression des micro-transactions. Le portage traîne au final essentiellement deux défauts : une difficulté pas toujours bien dosée, comme la mouture originale, et un prix légèrement plus élevé que sur mobile. Espérons maintenant que l’éditeur choisira de porter également Lara Croft GO sur nos consoles.

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1 Commentaire
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yayacine
yayacine
8 années il y a

A mon avis il manque un éditeur de niveaux et un classement avec ses amis.

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